Exemple de CV auxiliaire de vie
L'aide à domicile recrute en permanence et peine à garder ses salariés. Un CV qui rassure sur trois points — vous êtes mobile, vous connaissez les publics concernés, vous tiendrez la durée — passe devant tous les autres. Le diplôme vient après, et parfois pas du tout.
Aussi appelé : Auxiliaire de vie sociale, Assistant de vie aux familles, Aide à domicile, ADVF, Accompagnant éducatif et social.
Les repères du métier
- Salaire en début de carrière
- 1 800 € brut / mois
- Après quelques années
- 2 000 € brut / mois
- Formation d'accès
- Titre professionnel ADVF ou DEAES — recrutement possible sans diplôme
- État du marché
- Recrutement en tension : les employeurs peinent à recruter
Source : Grille de la convention collective de la branche de l'aide à domicile, brut mensuel base 35 h hors indemnités kilométriques. Relevé en 2026-08.
Où l'on recrute, et ce que cherchent les employeurs
L'aide à domicile est un secteur en pénurie chronique, ce qui place le candidat dans une position favorable — à condition de comprendre qui recrute et selon quels critères.
Les associations d'aide à domicile constituent le plus gros employeur. Elles interviennent sur mandat des départements auprès de personnes âgées et de personnes en situation de handicap, avec des plannings construits par un coordinateur et des tournées de plusieurs bénéficiaires par jour. On y cherche quelqu'un de fiable, mobile, et capable de tenir la relation avec des familles inquiètes. Le CV doit parler nombre de bénéficiaires, kilomètres, types d'accompagnement et permis.
Les entreprises de services à la personne recrutent sur le même métier avec une logique commerciale : prestations vendues, satisfaction client, ponctualité mesurée. Les conditions varient beaucoup d'une enseigne à l'autre, et la question des temps de trajet rémunérés mérite d'être posée avant de signer.
L'emploi direct par le particulier employeur est le troisième cadre, souvent le mieux rémunéré à l'heure mais le plus fragile : pas d'employeur intermédiaire, pas de remplacement en cas d'arrêt, une relation qui s'arrête avec la personne accompagnée. Beaucoup de professionnels combinent plusieurs cadres, ce qui n'est pas un défaut de parcours mais une organisation à expliquer.
Les établissements — EHPAD, foyers, résidences services — recrutent aussi sur ce profil, et la bascule du domicile vers l'établissement est fréquente : horaires plus réguliers, équipe présente, moins de trajets.
Deux points décident de beaucoup de recrutements. Le premier est le permis et le véhicule : sans eux, une grande partie des postes en zone périurbaine ou rurale est inaccessible, et le coordinateur le vérifie avant tout. Le second est l'amplitude acceptée — matins tôt, coupures, soirs, week-ends — parce que les besoins des personnes accompagnées ne se répartissent pas également sur la journée. Ces deux lignes valent d'être écrites en haut du CV plutôt que découvertes au premier planning.
Le même CV en version texte
À coller dans un formulaire de candidature, un e-mail ou un traitement de texte. C'est aussi la forme que lisent le mieux les logiciels de tri.
Version texte, prête à coller
Nadia Berger Auxiliaire de vie ADVF — permis B et véhicule, mobile sur 25 km Bourges, France | nadia.berger@email.fr | 06 81 47 25 90 PROFILE ------- Auxiliaire de vie titulaire du titre professionnel ADVF, 5 ans à domicile auprès de personnes âgées dépendantes. Aide à la toilette, transferts avec lève-personne, préparation des repas adaptés. Formée à l'accompagnement des troubles cognitifs. Disponible sur les levers, les couchers et un week-end sur deux. WORK EXPERIENCE --------------- Auxiliaire de vie — Association d'aide à domicile du Cher — Bourges (Sep 2021 – present) - Accompagné 8 bénéficiaires par jour sur un secteur de 25 km, en autonomie complète - Assuré l'aide à la toilette et les transferts, avec utilisation du lève-personne - Accompagné une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer pendant deux ans, sans rupture de suivi - Alerté le responsable de secteur sur trois situations de dégradation, ayant conduit à un ajustement du plan d'aide Aide à domicile — Particuliers employeurs (2 domiciles) — Saint-Doulchard (Apr 2019 – Aug 2021) - Préparation des repas, entretien du logement et accompagnement aux courses - Maintien du lien avec les familles et transmission des observations quotidiennes Agente de service hôtelier — EHPAD Les Charmilles — Bourges (Sep 2017 – Mar 2019) - Service des repas et entretien des chambres de 30 résidents - Premier contact avec l'accompagnement des personnes désorientées EDUCATION --------- Titre professionnel Assistant de vie aux familles (ADVF) — AFPA Bourges — Bourges (Sep 2020 – Jun 2021) SKILLS ------ Aide à la toilette et à l'habillage, Transferts et utilisation du lève-personne, Préparation de repas adaptés, Accompagnement des troubles cognitifs (formation 2023), Manutention des personnes (2024), Permis B et véhicule personnel LANGUAGES --------- Français (Native)
Des accroches à adapter
Trois profils différents, trois accroches. Prenez celle qui vous ressemble et remplacez les faits par les vôtres — recopiée telle quelle, elle ne vous décrira pas.
- Auxiliaire de vie titulaire du titre ADVF, 5 ans à domicile auprès de personnes âgées dépendantes. Aide à la toilette, transferts avec lève-personne, préparation des repas. Permis B et véhicule, mobile sur 25 km.
- Auxiliaire de vie sociale, 8 ans dont 4 auprès de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Formée à l'accompagnement des troubles cognitifs et à la gestion des situations d'opposition. Je cherche un poste avec des tournées stables.
- Première expérience professionnelle en aide à domicile recherchée. J'ai accompagné un proche dépendant pendant trois ans : toilette, repas, rendez-vous médicaux. Titre ADVF obtenu en 2026, permis B et véhicule personnel.
Des missions déjà chiffrées
Les puces d'expérience qui reviennent dans ce métier, écrites comme un recruteur aime les lire : un fait, un chiffre.
- Assuré la toilette complète au lit et au lavabo selon l'autonomie de la personne
- Aidé au lever et au coucher avec les transferts adaptés
- Préparé les repas en respectant les régimes et les textures prescrites
- Accompagné aux courses et aux rendez-vous médicaux
- Entretenu le logement et le linge dans le respect des habitudes de la personne
- Surveillé la prise des médicaments préparés par l'infirmier
- Stimulé l'autonomie sur les gestes encore réalisables
- Assuré une présence et un lien social auprès de personnes isolées
- Tenu le cahier de liaison et transmis les observations au responsable de secteur
- Alerté sur les situations de dégradation ou de mise en danger
- Accompagné une personne en fin de vie à domicile, en lien avec l'équipe soignante
- Accompagné 8 bénéficiaires par jour sur un secteur de 25 km, en autonomie complète
- Assuré l'aide à la toilette et les transferts, avec utilisation du lève-personne
- Préparé les repas en tenant compte des régimes et des textures adaptées
- Alerté le responsable de secteur sur trois situations de dégradation, ayant conduit à un ajustement du plan d'aide
- Maintenu le lien avec les familles et transmis les observations quotidiennes
- Accompagné une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer pendant deux ans, sans rupture de suivi
Les compétences à faire figurer
Compétences métier
- Aide à la toilette et à l'habillage
- Aide au lever, au coucher et aux transferts
- Préparation des repas et aide à la prise
- Entretien du logement et du linge
- Accompagnement aux courses et aux rendez-vous
- Surveillance de la prise de médicaments préparés
- Transmission écrite au responsable de secteur
Savoir-être
- Patience avec les personnes désorientées
- Respect de l'intimité et du domicile
- Autonomie totale entre deux interventions
- Vigilance sur les signaux d'alerte
Logiciels et outils
- Application de télégestion
- Cahier de liaison numérique
Les mots que cherchent les logiciels de tri
Un ATS compare votre CV à l'offre. Ces termes doivent y figurer — mais dans une phrase qui a du sens, jamais en liste posée en bas de page.
- auxiliaire de vie
- ADVF
- DEAES
- aide à domicile
- aide à la toilette
- transferts
- personnes âgées
- handicap
- maladie d'Alzheimer
- permis B
- télégestion
Rédiger votre CV auxiliaire de vie : la méthode, étape par étape
L'en-tête : ce que le recruteur lit en premier
Prénom, nom, ville, téléphone, e-mail. Sous le nom, l'intitulé, votre diplôme s'il existe, le permis et votre rayon de mobilité : « Auxiliaire de vie ADVF — permis B et véhicule, mobile sur 25 km ». Ces informations décident de la faisabilité du recrutement.
Ajoutez vos disponibilités horaires, en précisant si vous acceptez les levers, les couchers et les week-ends.
L'accroche : trois lignes qui situent votre profil
Trois lignes : votre expérience, les publics accompagnés, vos gestes techniques, votre mobilité. « Auxiliaire de vie ADVF, 5 ans auprès de personnes âgées dépendantes, transferts avec lève-personne, permis B et véhicule » couvre tout ce qu'un responsable de secteur veut savoir.
Les expériences : des résultats, pas des tâches
Par employeur : la structure (association, entreprise de services, particulier employeur), la période, le nombre d'interventions quotidiennes, le secteur géographique. Puis deux ou trois puces sur les accompagnements réalisés.
Nommez les publics et les gestes sans jamais identifier les personnes : « accompagnement d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer pendant deux ans » respecte la confidentialité tout en disant l'essentiel.
Si vous avez alerté sur une dégradation, participé à l'ajustement d'un plan d'aide ou tenu un accompagnement long sans rupture, dites-le. La continuité est ce que le secteur cherche le plus et trouve le moins.
Chaque poste commence par le cadre : association, entreprise de services, particulier employeur ou établissement, puis le secteur géographique et la période. Le cadre change le métier, et le coordinateur qui lit veut le savoir tout de suite.
Puis deux ou trois puces concrètes : nombre de bénéficiaires, interventions par jour, kilomètres, types d'accompagnement, durée des suivis les plus longs. Ajoutez ce qui relève de la relation et de la coordination — lien avec les familles, transmissions à l'infirmière, signalement d'une dégradation, participation à l'évaluation des besoins. Ce sont ces lignes qui montrent une professionnelle et non une exécutante.
Les compétences : celles que le logiciel cherche
Séparez les gestes techniques — toilette, transferts, lève-personne, textures adaptées, prévention des escarres — de l'aide à la vie quotidienne — repas, entretien, courses, accompagnement aux rendez-vous.
Ajoutez les formations reçues avec leurs dates : manutention des personnes, maladie d'Alzheimer, bientraitance, premiers secours. Mentionnez l'application de télégestion utilisée si vous en connaissez une.
Trois blocs. L'accompagnement du quotidien : toilette, habillage, repas, transferts, courses, entretien du logement, sorties. Les compétences liées aux situations : troubles cognitifs, handicap moteur, fin de vie, sortie d'hospitalisation. Et le cadre professionnel : transmissions, confidentialité, prévention des risques, gestes et postures.
Ajoutez les moyens : permis, véhicule, rayon accepté, amplitude horaire. Dans ce métier, ces quatre informations conditionnent l'affectation autant que la compétence, et les taire retarde tout.
La formation et les certifications
Titre professionnel ADVF, DEAES, ou le dernier diplôme obtenu : intitulé, organisme, année. Si vous préparez une formation ou une VAE, indiquez-le avec l'échéance — c'est un signal de stabilité que les structures recherchent.
Si vous venez d'un autre métier, gardez-en une ligne : la restauration, la vente ou l'entretien donnent des réflexes réellement transférables au domicile.
Le diplôme s'il y en a un, avec l'organisme et l'année. Si vous êtes en VAE, indiquez l'étape et l'échéance : le secteur connaît bien ce parcours et le valorise.
Ajoutez toutes les formations courtes, datées : gestes et postures, manutention des personnes, premiers secours, accompagnement des troubles cognitifs, prévention des chutes, bientraitance. Elles sont courtes, souvent financées par l'employeur, et elles disent un engagement professionnel là où beaucoup de CV ne montrent qu'une succession d'heures.
La mise en page : ce qui passe les filtres
Sobriété et lisibilité : une colonne, pas d'effets. Faites figurer le diplôme d'État et le numéro professionnel s'il existe dès le haut du CV. Nommez les services fréquentés (gériatrie, urgences, bloc) — c'est par là que le cadre de santé lit votre parcours.
La relecture : les erreurs qui coûtent l'entretien
Vérifiez l'intitulé exact de votre diplôme et sa date d'obtention. Contrôlez les noms d'établissements et de services. Dans un secteur réglementé, une approximation sur le diplôme fait douter du reste du CV — c'est la vérification la plus rentable que vous puissiez faire.
Les erreurs qui coûtent un entretien
Ne pas mentionner le permis et le véhicule
C'est le critère numéro un des associations et des services d'aide à domicile : sans mobilité, la moitié des tournées vous est fermée. Indiquez le permis, le véhicule, et le rayon que vous acceptez de couvrir.
Rester vague sur les publics accompagnés
Personnes âgées autonomes, grande dépendance, troubles cognitifs, handicap moteur, enfants en situation de handicap : ce sont des accompagnements très différents. Nommez-les, avec la durée — c'est ce qui permet au responsable de secteur de vous placer.
Omettre les gestes techniques
Aide à la toilette complète, transferts, utilisation du lève-personne, textures adaptées, prévention des escarres : ces gestes distinguent une auxiliaire de vie d'une aide ménagère. Ne les laissez pas dans l'implicite.
Passer sous silence l'expérience familiale
Avoir accompagné un proche dépendant pendant des années est une expérience réelle, souvent la plus formatrice. Présentez-la avec la durée et les gestes réalisés, sans en faire un récit personnel — c'est un parcours que le secteur reconnaît.
Questions fréquentes
- Faut-il un diplôme pour être auxiliaire de vie ?
- Non, beaucoup de structures recrutent sans diplôme et forment en interne, faute de candidats. Le titre professionnel ADVF ou le DEAES ouvre cependant de meilleurs postes, une meilleure rémunération et l'accès aux situations de forte dépendance. Beaucoup de salariées le passent en cours d'emploi, financé par l'employeur.
- Quelle différence avec une aide-soignante ?
- L'aide-soignante exerce sous la responsabilité d'un infirmier et réalise des soins, en établissement ou en service de soins à domicile. L'auxiliaire de vie accompagne les actes de la vie quotidienne au domicile : toilette, repas, entretien, courses, lien social. Les deux se croisent chez les mêmes personnes, mais le cadre et le diplôme diffèrent.
- Comment présenter des interventions chez de nombreux bénéficiaires ?
- Par employeur, pas par bénéficiaire. Indiquez la structure, le nombre d'interventions quotidiennes, le rayon du secteur et les types d'accompagnement. « 8 bénéficiaires par jour sur un secteur de 25 km » dit davantage qu'une liste de situations individuelles, et respecte la confidentialité.
- Faut-il indiquer ses disponibilités horaires ?
- Oui, précisément. Les tournées se construisent autour du lever et du coucher : accepter les interventions matinales, du soir ou du week-end change radicalement votre employabilité. C'est aussi ce qui vous permettra de négocier un planning cohérent plutôt que des heures éparpillées.
- Le secteur permet-il d'évoluer ?
- Oui, davantage qu'on ne le croit : responsable de secteur, coordinatrice, ou passerelle vers le diplôme d'aide-soignant par la formation continue, souvent financée. Si vous avez engagé une de ces démarches, indiquez-le : les structures cherchent à fidéliser et voient d'un bon œil un projet clair.
- Faut-il un diplôme pour travailler à domicile ?
- Pas obligatoirement, et beaucoup de structures recrutent sans, faute de candidats. Le diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social reste toutefois la référence : il change la grille de rémunération et ouvre les accompagnements les plus lourds. La validation des acquis de l'expérience est très utilisée dans ce secteur, souvent financée par l'employeur après quelques années d'exercice.
- Comment chiffrer un CV d'auxiliaire de vie ?
- Par le nombre de bénéficiaires suivis, le nombre d'interventions par jour, les kilomètres de la tournée, et la durée des accompagnements les plus longs. Ce dernier chiffre est le plus parlant : accompagner la même personne pendant trois ans dit une fiabilité et une capacité de lien que rien d'autre ne démontre.
- Faut-il détailler les pathologies rencontrées ?
- Nommez les types d'accompagnement, jamais les personnes. Maladie d'Alzheimer et troubles apparentés, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, handicap moteur, fin de vie, sortie d'hospitalisation : ce sont des compétences réelles, qui ne s'improvisent pas, et le coordinateur les cherche pour affecter les bonnes personnes aux bonnes situations.
- Le permis est-il vraiment indispensable ?
- Dans la plupart des secteurs, oui, et c'est le premier critère de tri. Les tournées enchaînent plusieurs domiciles, souvent en zone mal desservie, avec des horaires où les transports ne circulent pas. En ville dense, des postes existent sans permis. Dans tous les cas, indiquez clairement votre situation en haut du CV : c'est ce que le coordinateur regarde avant l'expérience.
- Comment présenter un emploi direct chez un particulier ?
- Comme un poste, avec la période, la nature de l'accompagnement, le volume horaire et la durée. Le nom de la personne n'a pas à figurer : « particulier employeur — accompagnement d'une personne âgée dépendante, 25 h par semaine, 2021-2024 » suffit et respecte la confidentialité. La durée est ici l'argument principal.
- Que valorise-t-on quand on vient d'un autre métier ?
- L'expérience du contact, de la patience et du service. Le commerce, l'hôtellerie, la petite enfance et l'aide familiale préparent réellement à ce métier. Et si vous avez accompagné un proche dépendant, dites-le : c'est une expérience que les recruteurs du secteur reconnaissent, à condition de la formuler avec les mots du métier plutôt que comme une histoire personnelle.
- Faut-il mentionner les gestes techniques ?
- Oui, précisément, parce qu'ils délimitent ce qu'on peut vous confier. Aide à la toilette, transferts, utilisation d'un lève-personne, aide à la prise de médicaments préparés, prévention des escarres, adaptation des textures : ces éléments ne relèvent pas tous du même cadre légal, et un CV qui les nomme clairement évite un malentendu coûteux.
- Comment expliquer des périodes courtes chez plusieurs employeurs ?
- Par le fonctionnement du secteur plutôt que par des excuses. Une intervention s'arrête quand la personne accompagnée entre en établissement ou décède, ce qui n'a rien à voir avec votre travail. Une ligne suffit à le dire, et elle transforme ce qui ressemble à de l'instabilité en réalité du métier — que tout recruteur du secteur connaît parfaitement.
- Les temps de trajet sont-ils rémunérés ?
- Cela dépend de l'employeur et de la convention, et c'est une question qu'il faut poser avant de signer plutôt qu'après. Entre deux interventions du même employeur, le temps de déplacement doit en principe être pris en compte, et les frais kilométriques indemnisés selon un barème conventionnel. Une tournée mal construite peut transformer un taux horaire correct en salaire médiocre : demandez à voir un planning type et un exemple de bulletin, personne ne s'en offusquera.
- Comment tenir dans la durée dans ce métier ?
- En prenant au sérieux ce que le secteur appelle l'usure professionnelle, physique et émotionnelle. Les formations aux gestes et postures et à la manutention des personnes ne sont pas des cases à cocher : elles préviennent des lésions qui mettent fin à des carrières. Le second point est le lien avec la structure — un intervenant isolé s'épuise, un intervenant qui participe aux réunions d'équipe et aux temps d'échange tient. Sur un CV, mentionner ces formations et cette participation dit qu'on a compris le métier sur la durée.
Après quelques années : évolutions et passerelles
Le métier a la réputation de ne mener nulle part, et c'est faux. Plusieurs trajectoires existent, dont certaines financées par les employeurs, précisément parce que le secteur manque de professionnels qualifiés.
La première est la qualification elle-même. Le diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, accessible en formation ou par validation des acquis après un temps d'exercice, change le statut, la grille et le regard porté sur le poste. Beaucoup d'associations financent cette VAE pour leurs intervenants réguliers.
La deuxième mène au diplôme d'aide-soignant, avec des passerelles allégées pour les titulaires du DEAES et une forte demande dans tout le secteur sanitaire. C'est la voie la plus empruntée pour passer du domicile à l'établissement, avec une rémunération sensiblement supérieure.
La troisième reste dans la structure et mène à la coordination : assistant technique, responsable de secteur, coordinateur de plannings. Ce sont des postes de bureau qui organisent le travail des intervenants, et l'expérience du terrain y est déterminante — un coordinateur qui a fait des tournées construit des plannings tenables.
Des spécialisations existent aussi, courtes et bien accueillies : accompagnement des troubles cognitifs, de la fin de vie, du handicap moteur, garde de nuit, aide aux aidants. Elles se traduisent souvent par des interventions mieux valorisées et par une reconnaissance concrète.
Sur la rémunération, l'écart tient moins à l'ancienneté qu'à trois éléments : la qualification obtenue, la convention appliquée par l'employeur, et le traitement des temps de trajet et des dimanches. Deux offres au même taux horaire peuvent ne pas valoir la même chose une fois les kilomètres comptés. Cela se vérifie avant de signer, et cela se demande sans gêne.
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Soins, aide à la personne, paramédical : des métiers réglementés, où le diplôme d'État et les services fréquentés structurent la lecture du CV.
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