Exemples de CVInformatique & numérique
Exemple de CV développeur web
Un CV de développeur est lu deux fois : d'abord par un logiciel qui cherche des technologies, ensuite par un développeur qui cherche ce que vous avez construit. Écrire pour l'un sans l'autre, c'est passer le premier filtre pour tomber au second.
Aussi appelé : Développeur full stack, Développeuse web, Ingénieur logiciel, Développeur front-end, Développeur back-end.
Les repères du métier
- Salaire en début de carrière
- 2 900 € brut / mois
- Après quelques années
- 4 200 € brut / mois
- Formation d'accès
- Bac+3 à bac+5 en informatique, ou école reconvertie / autodidacte avec portfolio
- État du marché
- Recrutement en tension : les employeurs peinent à recruter
Source : Fourchettes observées sur les offres françaises hors Île-de-France, brut mensuel hors variable et participation. Relevé en 2026-08.
Où l'on recrute, et ce que cherchent les employeurs
Le marché français du développement se partage en trois mondes qui ne recrutent pas pareil, et beaucoup de candidatures échouent simplement parce qu'elles s'adressent au mauvais.
Les ESN et les cabinets de conseil représentent le plus gros volume d'embauches. Ils recrutent en continu, sur des besoins clients, et lisent un CV avec une grille : quelles technologies, combien d'années sur chacune, quelle disponibilité. C'est là que les mots comptent le plus, parce que le CV est souvent filtré par un outil avant d'être vu. C'est aussi là que le turnover est le plus fort, et une entrée par l'ESN reste la voie la plus courante pour un premier poste.
Les éditeurs de logiciels et les entreprises produit recrutent moins souvent mais plus longuement. Ils cherchent quelqu'un qui restera sur une base de code pendant des années : la profondeur prime sur la largeur, et un candidat qui a fait évoluer un même produit pendant trois ans intéresse davantage qu'un candidat qui a touché douze technologies en trois ans. Le processus comporte presque toujours un exercice technique.
Les directions informatiques internes — banque, assurance, industrie, secteur public, grande distribution — constituent le troisième bassin, souvent ignoré des jeunes diplômés alors qu'il offre les conditions les plus stables. On y travaille sur des applications métier, parfois anciennes, avec une exigence de fiabilité plus que de nouveauté. La connaissance du domaine y devient un atout aussi fort que la technique.
Deux réalités transversales méritent d'être connues avant de candidater. D'abord, le télétravail est devenu un critère de choix des deux côtés, et une position claire — présentiel, hybride, distant complet — évite des entretiens inutiles. Ensuite, le marché s'est resserré : le recrutement massif des années précédentes a laissé place à des processus plus sélectifs, où un portfolio réel, des contributions visibles et un exercice technique bien mené pèsent plus qu'une liste de technologies.
Le même CV en version texte
À coller dans un formulaire de candidature, un e-mail ou un traitement de texte. C'est aussi la forme que lisent le mieux les logiciels de tri.
Version texte, prête à coller
Yann Mbarga Développeur web full stack Nantes, France | yann.mbarga@email.fr | 07 45 12 89 03 PROFILE ------- Développeur full stack avec 4 ans d'expérience sur des applications web à fort trafic. À l'aise du cadrage technique à la mise en production, avec un goût marqué pour la performance et la qualité de code. WORK EXPERIENCE --------------- Développeur full stack — Atelier Numérique — Nantes (Feb 2023 – present) - Développé une plateforme de réservation utilisée par 40 000 clients par mois - Réduit le temps de chargement moyen de 3,2 s à 0,9 s (Core Web Vitals au vert) - Conçu et documenté l'API REST consommée par l'application mobile - Encadré 2 développeurs juniors et animé les revues de code hebdomadaires Développeur front-end — Studio Brioche — Rennes (Jan 2021 – Jan 2023) - Intégré plus de 25 maquettes en composants React réutilisables - Mis en place les tests automatisés : couverture passée de 0 à 70 % - Contribué à la migration TypeScript de l'application principale Développeur web (alternance) — Coopérative Grand Ouest — Nantes (Sep 2018 – Jun 2020) - Développé l'intranet de 300 salariés en PHP puis en Node.js - Automatisé l'export comptable mensuel, deux jours de saisie économisés par mois EDUCATION --------- Master Informatique — Université de Nantes — Nantes (Sep 2018 – Jun 2020) SKILLS ------ React / Next.js, TypeScript, Node.js, PostgreSQL, Tests automatisés (Vitest, Playwright), Docker et intégration continue LANGUAGES --------- Français (Native), Anglais (Fluent)
Des accroches à adapter
Trois profils différents, trois accroches. Prenez celle qui vous ressemble et remplacez les faits par les vôtres — recopiée telle quelle, elle ne vous décrira pas.
- Développeur full stack, 4 ans sur des applications web à fort trafic. À l'aise du cadrage à la mise en production, avec un goût marqué pour la performance. React, TypeScript, Node.js, PostgreSQL.
- Développeuse front-end, 2 ans en agence après une reconversion. J'ai livré une quinzaine d'interfaces en React, dont deux refontes complètes. Je cherche une équipe produit où la qualité de code est discutée, pas subie.
- Développeur back-end, 8 ans dont 3 à concevoir des architectures de services. J'ai migré un monolithe PHP de 400 000 lignes vers des services Node, sans interruption de service. Je cherche un poste avec une part d'architecture assumée.
Des missions déjà chiffrées
Les puces d'expérience qui reviennent dans ce métier, écrites comme un recruteur aime les lire : un fait, un chiffre.
- Développé les interfaces en composants réutilisables et documentés
- Conçu et exposé des points d'entrée d'API consommés par plusieurs clients
- Modélisé et optimisé le schéma de base de données
- Écrit les tests unitaires et de bout en bout des parcours critiques
- Mis en place l'intégration continue et les déploiements automatisés
- Corrigé les régressions signalées en production, avec analyse de cause
- Participé aux revues de code quotidiennes de l'équipe
- Suivi et amélioré les indicateurs de performance des pages
- Migré une partie de l'application vers une version majeure du framework
- Documenté l'architecture et les décisions techniques structurantes
- Travaillé avec les équipes produit et design du cadrage à la livraison
- Développé une plateforme de réservation utilisée par 40 000 clients par mois
- Réduit le temps de chargement moyen de 3,2 s à 0,9 s (Core Web Vitals au vert)
- Fait passer la couverture de tests de 0 à 70 % sur l'application principale
- Encadré 2 développeurs juniors et animé les revues de code hebdomadaires
- Migré l'application vers TypeScript en six mois, sans gel des livraisons
- Conçu et documenté une API REST consommée par trois applications internes
Les compétences à faire figurer
Compétences métier
- JavaScript et TypeScript
- Un framework front (React, Vue, Angular)
- Un environnement serveur (Node.js, PHP, Python, Java)
- Bases de données relationnelles et SQL
- API REST et GraphQL
- Tests automatisés
- Git et revue de code
- Intégration et déploiement continus
Savoir-être
- Cadrage technique avec des interlocuteurs non techniques
- Revue de code bienveillante
- Autonomie sur un périmètre
- Documentation écrite
Logiciels et outils
- Git / GitHub
- Docker
- PostgreSQL
- Figma
- Jira
- Sentry
Les mots que cherchent les logiciels de tri
Un ATS compare votre CV à l'offre. Ces termes doivent y figurer — mais dans une phrase qui a du sens, jamais en liste posée en bas de page.
- développeur web
- full stack
- JavaScript
- TypeScript
- React
- Node.js
- API REST
- SQL
- Git
- CI/CD
- tests unitaires
- agile
Rédiger votre CV développeur web : la méthode, étape par étape
L'en-tête : ce que le recruteur lit en premier
Prénom, nom, ville, e-mail, téléphone, et deux liens au maximum : votre dépôt de code et votre profil professionnel, ou votre portfolio. Sous le nom, l'intitulé que vous visez — « Développeur full stack », pas « passionné de nouvelles technologies ». Si vous êtes ouvert au télétravail complet, dites-le : cela élargit considérablement le nombre d'offres qui vous concernent.
L'accroche : trois lignes qui situent votre profil
Trois lignes : votre spécialité, votre expérience, et le type d'équipe que vous cherchez. Citez trois ou quatre technologies, pas quinze — celles sur lesquelles vous accepteriez un exercice technique demain matin. Évitez « passionné » : c'est le mot le plus écrit et le moins lu de tous les CV de développeurs.
Les expériences : des résultats, pas des tâches
Par poste : l'entreprise, le rôle, la période, puis trois à quatre puces. Chaque puce dit ce que vous avez construit et ce que ça a changé — trafic supporté, temps de chargement, couverture de tests, délai de livraison. Nommez les technologies dans la phrase plutôt qu'à côté. Si vous avez travaillé en agence ou en prestation, indiquez le secteur des clients : cela situe le contexte technique mieux que le nom de l'agence.
Le format qui fonctionne tient en trois éléments par poste : le contexte, ce que vous avez construit, et le résultat mesurable. Le contexte situe l'échelle — nombre d'utilisateurs, volume de données, taille de l'équipe, nature du produit. Ce que vous avez construit doit être nommé précisément : une fonctionnalité, un service, une migration, une refonte. Le résultat doit être un chiffre : temps de chargement, taux d'erreur, délai de livraison, coût d'infrastructure.
Évitez la formulation passive et collective. « Participé à la refonte du site » ne dit pas ce que vous avez fait ; « conçu et livré le module de paiement, utilisé par 40 000 clients par mois » le dit. Si le travail était collectif, précisez votre part plutôt que de la diluer — un recruteur préfère un périmètre honnête et net à une réussite d'équipe revendiquée en bloc.
Les compétences : celles que le logiciel cherche
Regroupez par famille : langages, frameworks, données, outillage. Pas de jauges. Distinguez ce que vous pratiquez quotidiennement de ce que vous avez seulement croisé — un recruteur technique le vérifiera, et la seule chose qu'il retiendra d'un écart, c'est l'écart. Mentionnez les pratiques autant que les outils : tests, revue de code, intégration continue, accessibilité.
Hiérarchisez plutôt que d'énumérer. Un premier bloc pour ce que vous maîtrisez, avec les années ; un second pour ce que vous avez pratiqué sans en faire votre cœur ; rien d'autre. Cette séparation est en elle-même un signal de sérieux, parce qu'elle montre que vous savez évaluer votre propre niveau.
Ajoutez ce qui n'est pas un langage : gestion de versions, intégration continue, conteneurs, base de données, méthodes de travail, tests. Ce sont ces lignes qui disent si vous savez livrer, et pas seulement écrire. Et donnez un niveau d'anglais honnête : la documentation, les échanges asynchrones et une partie des entretiens se passent en anglais dans beaucoup d'entreprises.
La formation et les certifications
Diplôme, école, année. Si vous êtes autodidacte ou issu d'une formation courte, ne vous en excusez pas : mettez une ligne de formation et laissez les projets faire le travail. Les certifications cloud (AWS, Azure, GCP) ont une vraie valeur de tri quand le poste les mentionne ; les certificats de plateformes de cours en ligne, beaucoup moins — gardez les plus significatifs.
Le diplôme, l'école, l'année, en deux lignes. Passé cinq ans d'expérience, il descend en bas de page : personne ne recrute un développeur confirmé sur son école.
Ce qui mérite d'être développé, ce sont les apprentissages récents et vérifiables : certification cloud, formation à une technologie que vous utilisez maintenant en production, participation à une conférence où vous avez présenté quelque chose. Dans un métier où la technique se renouvelle en permanence, la question implicite du recruteur est « qu'avez-vous appris ces deux dernières années ? » — répondez-y explicitement.
La mise en page : ce qui passe les filtres
Une colonne, technologies regroupées par famille, deux pages tolérées au-delà de cinq ans d'expérience. Bannissez les jauges de compétences en étoiles : elles ne veulent rien dire pour un recruteur technique et disparaissent à l'extraction. Un lien vers votre dépôt ou votre portfolio vaut mieux qu'un paragraphe d'auto-évaluation.
La relecture : les erreurs qui coûtent l'entretien
Vérifiez l'orthographe exacte des technologies (PostgreSQL, Kubernetes, TypeScript) : un recruteur technique le remarque immédiatement. Assurez-vous que les liens fonctionnent et sont publics. Et retirez les technologies que vous ne sauriez pas défendre trente secondes en entretien.
Les erreurs qui coûtent un entretien
La liste de technologies sans contexte
Trente mots-clés alignés en bas de page ne disent rien de votre niveau. Une technologie citée dans une phrase — « migré l'application vers TypeScript en six mois » — vaut dix technologies listées. Et elle survit à l'entretien technique.
Les jauges en étoiles
« React ★★★★☆ » n'a aucun sens partagé : votre quatre étoiles n'est pas celui du recruteur. Pire, ces jauges disparaissent quand le CV est lu par un logiciel, qui n'en garde que le nom de la techno. Écrivez plutôt depuis quand et sur quoi.
Cacher les projets personnels
Pour un profil junior ou en reconversion, un projet réellement déployé pèse plus qu'un diplôme. Donnez le lien, dites ce qu'il fait et ce qui a été difficile. Un dépôt vide ou un lien mort produit l'effet inverse : vérifiez avant d'envoyer.
Décrire l'équipe au lieu de décrire son rôle
« Nous avons refondu la plateforme » ne dit pas ce que vous avez fait. Un recruteur technique cherche votre périmètre : la partie que vous avez portée, ce que vous avez décidé, ce que vous avez appris.
Questions fréquentes
- Faut-il mettre son GitHub sur un CV de développeur ?
- Oui s'il contient quelque chose de présentable : un projet abouti, des contributions régulières, du code que vous assumez. Non s'il est vide ou rempli de tutoriels suivis — un lien mort ou décevant est pire que pas de lien. Vérifiez aussi que le dépôt est public avant d'envoyer.
- Une page ou deux pages pour un CV de développeur ?
- Une page jusqu'à trois ans d'expérience, deux au-delà. Au-delà de deux pages, personne ne lit la fin. Si votre parcours est long, résumez les postes anciens en deux lignes et gardez le détail pour les cinq dernières années.
- Comment faire un CV de développeur en reconversion ?
- Mettez les projets et la formation en haut, l'ancien métier en bas mais sans l'effacer : il vous distingue. Un ancien comptable qui développe des outils financiers a un avantage réel, à condition de le formuler comme tel. Et donnez du concret — un projet déployé, un stage, une alternance — plutôt qu'une liste de cours suivis.
- Faut-il adapter son CV à chaque offre ?
- Adapter, oui ; réécrire, non. Reprenez les mots exacts de l'offre pour les technologies que vous maîtrisez réellement, et remontez en tête les expériences qui y correspondent. Dix minutes suffisent, et c'est ce qui fait passer le filtre automatique.
- Faut-il indiquer ses prétentions salariales ?
- Pas sur le CV. C'est une négociation, pas une information de tri — l'annoncer trop tôt vous enferme dans une fourchette avant même d'avoir montré ce que vous valez. Réservez la question au premier échange.
- Faut-il un diplôme pour devenir développeur ?
- Non, et c'est l'un des rares métiers qualifiés où c'est vrai. Les formations courtes, les reconversions et l'autodidaxie mènent à des postes réels, à condition de pouvoir montrer du code. Le diplôme d'ingénieur ou le master ouvrent toutefois plus facilement les grands groupes, le conseil et certains postes de recherche. Ce qui décide dans tous les cas, c'est l'exercice technique et la capacité à expliquer ses choix.
- Combien de technologies faut-il citer ?
- Moins que vous ne pensez. Une liste de vingt technologies dilue les trois que vous maîtrisez vraiment et rend l'entretien technique risqué, parce que le recruteur piochera dedans. Citez ce que vous pouvez défendre trente minutes durant, avec le nombre d'années. Une section « déjà pratiqué » séparée permet de mentionner le reste sans le revendiquer.
- Le portfolio et le compte public sont-ils obligatoires ?
- Pas obligatoires, mais très efficaces quand ils sont réels. Un lien vers deux ou trois projets finis, documentés et démontrables vaut plus qu'une liste de compétences. Un compte vide ou rempli de tutoriels abandonnés fait l'effet inverse : mieux vaut ne rien mettre. Si votre code est sous contrat de confidentialité, décrivez l'architecture et les décisions plutôt que de montrer les sources.
- Comment présenter une reconversion ?
- En assumant la chronologie complète et en montrant ce qui se transfère. Un ancien comptable qui développe des outils financiers, un ancien technicien qui automatise ce qu'il faisait à la main : le métier précédent devient une connaissance du domaine que peu de développeurs ont. Nommez la formation, puis le premier projet livré, puis ce que vous savez faire aujourd'hui. Une reconversion lisible rassure ; une reconversion masquée inquiète.
- Faut-il mentionner les tests et la revue de code ?
- Oui, et c'est souvent ce qui distingue deux CV équivalents. Écrire des tests, relire le code des autres, documenter, participer aux astreintes : ce sont les gestes d'un développeur avec qui on peut travailler à plusieurs. Beaucoup de candidats ne parlent que de ce qu'ils construisent, jamais de la façon dont ils travaillent en équipe — et c'est précisément la question du recruteur.
- Que faire d'une période sans emploi ?
- La dire et l'occuper. Dans ce métier, une interruption de six mois se comble bien : formation certifiante, projet personnel abouti, contribution à un projet libre, mission courte. Ce qui inquiète n'est pas la période elle-même mais l'absence d'explication, parce que la technique évolue vite et que le recruteur se demande où vous en êtes. Une ligne suffit à répondre.
- Comment se préparer à l'exercice technique ?
- En sachant lequel vous attend, ce qui se demande sans gêne avant l'entretien. Trois formats dominent : l'exercice algorithmique chronométré, plutôt dans les grands groupes et les entreprises produit ; le projet à rendre chez soi, plus courant dans les petites structures ; et la revue de code en direct, où l'on vous demande de commenter et d'améliorer un fichier existant. Le troisième est le plus révélateur et le moins préparable — c'est aussi celui où un développeur expérimenté se distingue le plus nettement d'un candidat qui a révisé.
- Faut-il mettre ses prétentions salariales ?
- Pas sur le CV, mais préparez-les avec une fourchette et une justification. Dans ce métier plus que dans d'autres, les écarts entre employeurs sont considérables à profil égal, et arriver sans repère revient à laisser l'autre fixer le prix. Renseignez-vous sur votre région, votre spécialité et votre type d'employeur avant le premier échange : la question tombe souvent dès l'appel de préqualification.
Après quelques années : évolutions et passerelles
La progression naturelle n'est pas une échelle unique mais un embranchement, et il vaut mieux savoir lequel on prend.
La voie technique mène de développeur à développeur confirmé, puis à des rôles de référent technique, d'architecte ou de spécialiste — sécurité, données, performance, infrastructure. Elle suppose de continuer à écrire du code et de gagner en portée : concevoir des systèmes, arbitrer des choix, être responsable de ce qui casse. Les entreprises produit et les éditeurs valorisent cette trajectoire ; les ESN moins, ce qui explique une partie de leur turnover.
La voie encadrement mène au lead technique puis à la gestion d'équipe. C'est un changement de métier davantage qu'une promotion : on passe d'écrire du code à faire écrire du code, avec des recrutements, des entretiens annuels et des arbitrages de priorité. Beaucoup y viennent puis reviennent, et ce n'est pas un échec — l'aller-retour est fréquent et reconnu.
D'autres bifurcations existent, moins linéaires : passage au produit, au conseil, à la formation, à la fondation d'une structure. Le développement est l'un des rares métiers où l'indépendance est réellement accessible, avec des taux journaliers qui rendent le calcul intéressant après quelques années — à condition d'accepter la prospection et l'irrégularité.
Sur la rémunération, l'écart tient moins à l'ancienneté qu'à trois facteurs : la spécialité, le type d'employeur et la région. Un même profil peut valoir du simple au double entre une ESN de province et une entreprise produit parisienne ou distante. Cela vaut la peine de connaître son marché avant de négocier, et de dire sur son CV ce qu'on cherche plutôt que de rester disponible pour tout.