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Présentation d'un CV : la mise en page qui passe les filtres

La présentation d'un CV n'est pas une question de goût. C'est une question de lisibilité — par un logiciel d'abord, par un œil pressé ensuite. Voici ce qui se lit, ce qui se perd, et pourquoi.

Par Elame Vidhal, Fondateur de CVMalin · 6 min de lecture

Publié le 28 août 2026

Chaque article part de données vérifiables — conventions collectives, réglementation, offres réellement publiées — avant d'être rédigé. L'IA m'assiste à la rédaction ; la vérification des faits, la structure et la publication sont de mon fait. La date de dernière vérification figure en tête d'article : quand elle vieillit, c'est que la page attend d'être reprise.

1. Ce qui disparaît à l'extraction, et que personne ne vous dit

Quand votre CV arrive dans un logiciel de gestion des candidatures, il est converti en texte brut. Tout ce qui n'est pas du texte disparaît. Cela vaut pour les icônes, les jauges de compétences en étoiles ou en barres, les graphiques circulaires, et surtout pour toute information placée dans une image.

Cela vaut aussi pour des éléments moins évidents. Les en-têtes et pieds de page des traitements de texte sont fréquemment ignorés : mettre son numéro de téléphone en pied de page revient souvent à ne pas le mettre. Les tableaux complexes se lisent dans le désordre, colonne par colonne au lieu de ligne par ligne. Les zones de texte flottantes sont extraites hors de leur contexte, quand elles le sont.

Le test qui règle la question : ouvrez votre PDF, sélectionnez tout le texte, copiez-le, collez-le dans un document vierge. Ce que vous voyez est très exactement ce que voit le logiciel. Si votre nom manque, si les puces ont disparu, si l'ordre est incohérent, votre mise en page vous dessert.

2. Une colonne ou deux : ce qui change réellement

Le débat est mal posé. Une mise en page à deux colonnes n'est pas illisible en soi : elle le devient quand la colonne latérale est construite comme un élément graphique flottant plutôt que comme un bloc de texte ordinaire.

Une deuxième colonne bien construite — contact, compétences, langues, formation — passe très bien l'extraction, à condition que l'ordre de lecture du document suive un ordre logique. Nos propres gabarits à deux colonnes ont été testés sur ce point précis : le texte est extrait dans un ordre cohérent, l'expérience professionnelle avant les compétences.

Cela dit, si votre candidature vise un grand groupe, une administration ou un cabinet comptable, la colonne unique reste le choix le plus sûr. Le gain visuel d'une deuxième colonne est réel, le risque n'est pas nul : arbitrez selon le destinataire, pas selon votre préférence esthétique.

3. Nommer les sections avec les mots attendus

« Mon parcours », « Ce que je sais faire », « Là où j'ai grandi » : ces intitulés personnalisés sont sympathiques et coûtent cher. Les logiciels de tri reconnaissent des sections standard, et un intitulé inventé les empêche de rattacher correctement le contenu.

Utilisez : Expérience professionnelle, Formation, Compétences, Langues, Centres d'intérêt. Ce vocabulaire n'a rien d'excitant, et c'est précisément pour cela qu'il fonctionne — il est reconnu partout, par les machines comme par les humains.

L'originalité, si vous y tenez, se place dans le contenu de l'accroche, pas dans le nom des rubriques.

4. Typographie, marges et couleur : les réglages qui comptent

Une seule famille de police, deux au maximum si vous distinguez les titres du texte. Une taille de corps entre 10 et 11 points, jamais en dessous de 9 : un CV qu'on doit approcher des yeux ne sera pas lu attentivement.

Les marges méritent plus d'attention qu'on ne leur en accorde. Un CV dense, sans respiration, décourage la lecture en diagonale — or c'est exactement ainsi qu'il sera lu la première fois. Mieux vaut couper un paragraphe que réduire les marges à deux millimètres.

La couleur, enfin : une seule couleur d'accent, appliquée aux titres de section et éventuellement à un filet. Elle structure la lecture sans distraire. Deux ou trois couleurs vives donnent un document qui ressemble à une plaquette commerciale, et c'est rarement l'effet recherché. Vérifiez aussi le rendu en noir et blanc : beaucoup de recruteurs impriment encore.

5. L'ordre des sections, selon votre situation

L'ordre standard — accroche, expérience, formation, compétences — convient à la majorité des candidatures. Trois situations justifient de le modifier.

Si vous êtes étudiant ou récemment diplômé, la formation passe avant l'expérience : c'est votre matière principale, et vos projets d'études y trouvent naturellement leur place.

Si vous êtes en reconversion, remontez les compétences transférables et la formation qui a validé le changement, puis présentez l'expérience antérieure sans la cacher : c'est elle qui vous distingue des autres candidats du même parcours.

Si vous exercez un métier où les habilitations conditionnent l'accès au poste — bâtiment, sécurité, logistique, transport, santé — faites-les figurer dans un bloc juste sous l'en-tête. C'est inhabituel dans un CV classique et parfaitement attendu dans ces secteurs.

6. Le format du fichier et son nom

Envoyez un PDF, sauf mention contraire de l'offre. Un fichier Word se déforme d'un ordinateur à l'autre selon les polices installées, et vous n'avez aucun contrôle sur ce que verra le destinataire. Certaines candidatures — intérim, plateformes internes de grands groupes — demandent explicitement du Word : suivez alors l'instruction.

Nommez le fichier de façon utile : « CV_Prenom_Nom_Poste.pdf ». Un fichier appelé « cv_final_v3_corrigé.pdf » se retrouve dans un dossier de recrutement où il ne dit rien, et il en dit trop sur votre méthode.

Vérifiez enfin le poids : un CV avec une photo non compressée peut atteindre plusieurs mégaoctets et être bloqué par certains formulaires. Quelques centaines de kilooctets suffisent largement.

Questions fréquentes

Les CV à deux colonnes sont-ils vraiment refusés par les ATS ?
Non, c'est une simplification qui circule beaucoup. Ce qui pose problème, ce sont les colonnes construites en zones de texte flottantes ou en tableaux complexes, pas la présence de deux colonnes. Un gabarit à deux colonnes correctement construit s'extrait dans un ordre cohérent. Le test de copier-coller vous le dira en dix secondes pour votre propre document.
Quelle police choisir pour un CV ?
Une police lisible et disponible partout : les classiques sans empattement pour un rendu moderne, les polices à empattement pour un rendu plus traditionnel. Le choix précis compte beaucoup moins que la cohérence et la taille. Évitez les polices décoratives et les polices condensées, qui fatiguent à la lecture en diagonale.
Faut-il justifier le texte ?
Non. Le texte justifié crée des espaces irréguliers entre les mots, surtout dans des colonnes étroites, et rend la lecture moins fluide. L'alignement à gauche est plus lisible et n'a jamais desservi personne.
Peut-on mettre des liens cliquables ?
Oui, et c'est utile pour un portfolio, un dépôt de code ou un profil professionnel. Deux précautions : vérifiez que les liens fonctionnent et sont publics, et écrivez-les de façon lisible même sans le clic, puisque le CV sera peut-être imprimé. Limitez-vous à deux liens : au-delà, ils se neutralisent.
Comment vérifier que mon CV est bien lu par un ATS ?
Le test du copier-coller donne déjà 90 % de la réponse. Pour aller plus loin, notre vérificateur de CV analyse le texte réellement extrait de votre fichier et signale ce qui manque : sections non reconnues, absence de puces, contenu trop court, informations perdues. C'est gratuit et cela prend une minute.

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Le conseil général vaut ce qu'il vaut. Ces pages montrent ce qu'il donne sur un cas précis, avec un CV complet et les repères du métier.

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